La souffrance ni n'oublie ni ne pardonne jamaisUn autre regard sur la bipolarité : L'histoire d'un bipolaire jusqu'au bouddhisme

34-La souffrance ni n’oublie ni ne pardonne jamais

Ma mère a passé sa vie, et surtout ma vie, à essayer de contrebalancer sa faute. Inconsciemment. Oui inconsciemment car elle a oublié. Anticipant notamment mes besoins à outrance. Moi je n’ai jamais vraiment oublié. En parlant parfois au hasard des rencontres, des confidences. Mais toujours dans une incertitude troublante. Je suis sûr mais je doute. Refoulement. Contagion pourrait-on dire de son système de défense, de sa négation, sur moi et mon développement psychique. Elle fit tout ensuite pour paraître ou pour devenir une bonne mère : serviable, protectrice et inquiète. Bouleversant la donne. J’ai dû me construire sur cette tromperie, sur cette tentative inconsciente de rachat. Mais, comme le dit mon titre, la souffrance ni n’oublie ni ne pardonne jamais. Mon pathos est grand. Et mon aliénation, si aliénation il y a, alternative, inconstante et destructrice. Comment se construire entre une haine revancharde étouffée et un amour filial naturel ? J’ai toujours pensé que ma mère était une personne gentille mais je l’ai toujours aussi silencieusement haï, voulant inconsciemment à mon tour, lui faire payer le prix de ses erreurs. Cela finira ou se traduira finalement par des coups rendus.

 


 

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9 comments
Nathy
Nathy

Nemopode, Je suis diagnostiquée bipolaire 1. En lisant ton post j'y ai ressenti mon passé, les relations avec ma mère d'hier et d'aujourd'hui. Les"je t'aime" qu'elle ose prononcer maintenant je les déteste, j'aurais tant aimé les entendre durant mon enfance. Lorsque tu dis la haïr en silence, je connais cela et je m'en veux. Je me surprends à la regarder et à me demander si elle est bien la femme qui m'a mise au monde. Cette souffrance jamais on ne pourra la faire disparaître, je crois que je vivrais toujours avec le pourquoi de ce détachement. Depuis cette carence affective, je vis avec la peur de l'abandon, et cela me joue bien des tours en plus des sautes d'humeur. Je connais aussi ce que les psy nomment les impatiences, les jambes qui tremblent sans cesse...

nemopode
nemopode

On peut peut être voir chez votre fils une tentative, par ses absences prolongées sans donner de nouvelles, de couper un tant soit peu le cordon ombilical qui le relie à vous et qui se doit d'être coupé afin qu'il trouve sa place d'adulte. A vous deux de trouver la bonne distance, à chacun de vous deux sa part du chemin. Bien à vous Nemopode

nemopode
nemopode

J'ai désormais 42 ans, si mes analyses vous plaisent je peux peut être me permettre de vous proposer quelque chose. J'ai décidé de prendre certaines personnes en analyse (vistez ce lien http://www.psychotherapeuteenligne.fr), mon expérience de la maladie et mes connaissances psychanalytiques pouvant je pense être utiles à d'autres. Je vous propose cette aide à vous ou votre fils. J'ai un psychotherapeute en ligne qui controlera mon travail, vous pouvez aussi le contacter. Bien sûr continuez à commenter ce blog quelque soit votre envie. Bien à vous

zebulon
zebulon

je continue à être profondément touchée par vos témoignages, par l'expression de cette souffrance que vous portez en vous depuis tant d'années mais également par les ressources que vous maitrisez pour vous en sortir malgré ces périodes destructurantes de mélancolie.Je lis cette carence affective vécue au travers de vos relations avecc votre mére, je me garderai bien de juger car son histoire de vie permettrait certainement de comprendre son attitude méme si cela n'est pas acceptable de frapper un enfant. soyons prudent toutefois, J'entend au quotidien des racourcis entre maladie psychique et relation mére enfant, et méme si dans votre cas cela parait s'expliquer ce n'est pas pour autant que c'est une généralité... bien des méres d'enfants autistes se sont vues acculées et stigmatisées comme "responsables de maltraitances, de relations malsaines" d'autres, méres d'enfants hyperactifs ont eu en retour que leur enafnt était " mal éduqué" ... je ne crois pas que cela soit si simple ... je vous souhaite un chemin d'apaisement dans vos relations familiales, j'espére qu'un jour vous pourrait être ecouté en vérité par vos proches, que vos souffrances pourront être reconnues et que vous pourrez vous reconstruire libéré de cette rancoeur légitime que vous portez en vous. j'ai moi aussi quelque chose de semblable à votre mére, (J'AI TOUT FAIS pour mon fils ... ) oui j'ai étouffé mon fils en anticipant à outrance ses besoins, oh par pour être une mére parfaite, pour être une mére sécurisante car j'avais peur du danger, je l'ai élevé collé à moi de peur de le perdre à chaque instant ( il à été hospitalisé 3 mois en réanimation puiis en pédiatrie alors qu'il n'avait que 3 semaines) aprés je n'ai pas su passer le cap, j'ai vécu sur le qui vive d'une nouvelle décompensation respiratoire. Et comme vous il à souffert de cette intrusion dans sa vie, de ce manque d'oxygéne ... il en souffre encore aujourd'hui et frequemment s'en va " prendre l'air" je n'ai jamais frappé mon fils, je ne suis pas incestueuse, mais .... maltraitante par hyperprotection... et j'y travaille au quotidien.... il y a des explications à tout .... je ne dis pas des excuses ( je ne veux absolument pas banaliser votre vécu, loin de là ) mais quand on comprends ... on peut travailler ensemble et eviter la répétiton ... encore une fois c'est ce que je vous espére de tout coeur.poursuivez vos ecrits, l'expression par le dessin et si mes interventions devenaient génantes sur ce blog, exprimez le moi avec simplicité, je serai en capacité de me taire.

hannah@methode Tipi
hannah@methode Tipi

Bonsoir, Je suis venue faire un saut suite à votre annonce dans "lancements orchestrés". Un peu de vérité sur notre relation à la mère ne fait pas de mal. J'essaie de mettre des gants dans mes articles pour parler de l'enfance abusée mais finalement, il faut bien que quelqu'un en parle!


Un Autre Regard Sur La BIPOLARITE

  • Vingt ans de vie après avoir été diagnostiqué à 20 ans
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